mercredi 22 juillet 2009


J´ai retrouve avec plaisir les grands espace dans le village de Samaipata, pas plus grand que tarabuco, mais autrement plus riche et dynamique. La proximite de Santa Cruz, ville fortement industrielle et berceau de l´industrie petroliere bolivienne attire pas mal de monde dans cet environnement de forets a la faune et la flore particulierement riche.



J´en profite pour reprendre un peu d´activites physiques afin d´eliminer la surcharge ponderale accumulee en Bolivie a force de biere, de pomme de terre, et de riz... c´est que la plage approche! Je pars donc a pied pour 5 heures de randos qui me meneront au dernier site Inca de mon voyage...promis, apres j´arrete! Il s´agit d´El fuerte, site qui reste assez mysterieux quant a ses origines reelles, et son utilisation concrete, ce qui laisse place a de nombreuses elucubrations, dont la mienne me paraitra la plus plausible. Il s´agit en fait d´un lieu de regroupement entre


Santa Cruz et Lima, sorte de Bodega Inca ou la biere coulait a flot apparemment. Le site est assez atypique car totalement creuser dans la roche, et s´etendant sur plus de 120 metres. On y trouve les vestiaires, les tables rondes bordees de fauteuils sculptes dans la roche, le dance floor, et des tranchees servant aux concours de bieres, ils savaient s´amuser deja a cette epoque!





Le lendemain sera consacree a une petite balade a velo en direction d´une jolie petite cascade. L´allee sera des plus agreable, 18 km de descente, ou je prends conscience que mon magnifique velo tout suspendu Carrefour s´arrete meme en descente lorsque je ne pedale plus. Le retour s´annonce difficile, et il le fut! J´en ai bave jusqu´aux derniers metres, surtout qu´il fait ici une chaleur moite assez terrible quand on a passe pres d´un mois dans le froid!



Les rencontres seront maigre a Samaipata ou il y a peu de touristes a cette periode de l´annee, mais je partagerais mes performances culinaires avec Juan, alias gourou sage, un espagnol qui m´iniciera au Chi Kung, yoga doux en provenance de Malaisie, qui me permettra de me liberer des energies negatives pour aborder mon arrivee a Santa Cruz en toute serenite, et ca a ete assez efficace!



Cette ville n´a aucun interet, et ne sera qu´un point de lancement vers la frontiere bresilienne que j´ai franchi a pied ce matin apres 16 heures de bus sur des pistes en terre defoncees. Le premier contact avec ce pays est excellent, je trouve les gens souriant, et particulierement relax... quel plaisir de ne plus se faire claxonner dans tous les sens et de ne pas manquer de se faire ecraser a chaque fois que l´on veut traverser une rue! Je retrouve des belles galeres de comprehension, mais l´espagnol aide enormement. Je pars demain pour le pantanal, terres truffees de crocos, aligators, et pyranhas, ca va etre sport!

mardi 14 juillet 2009

En direct des profondeurs boliviennes...

Me voila de retour de Tarabuco pour cette mission de volontariat volontairement écourtee d’une semaine car je n’ai pas pu remplir tous mes objectifs. Je suis arrive en pleine vacances scolaire en Bolivie, et a cette période durant laquelle les enfants français se pavanent a jouer et a faire du sport, les petits boliviens des villages bossent dans les champs avec leur parents…difficile donc de capter leur attention. J’ai tente un peu de propagande le samedi dans les rues, mais n’ai été que moyennement reçu par les parents qui ne voyaient en moi qu’une « perversion » pour leurs enfants qu’ils préféraient largement voir aux champs. J’ai donc quitte ma casquette de prof de musique pour enfiler la veste d’instituteur pour analphabète de 40 ans, la bibliothécaire. Julia est tout ce qu’il y a de plus local…grosse, jupe plisse jusqu’en dessous des genoux, chaussettes en laine bleu marine qui trouvent racine dans de magnifiques sandales, tablier, gilet grossier, et bien sur les 2 couettes surmontées du traditionnel chapeau andin. Je tombe tout de suite sous le charme, et nous commencons a mettre en place notre stratégie d’attaque pour l’organisation de ce tas de bouquins qu’est la bibliothèque. Je commence a lui expliquer un peu le mode de fonctionnement de l’association, et sa façon d’organiser les choses. J’ai l’impression de me retrouver face a Jacques Villeret dans le dîner de con quand lorsque Thierry Lhermitte lui explique ce qu’il doit dire au téléphone…les expressions de visages sont à s’y méprendre ! Je comprends rapidement qu’elle ne sait que très peu lire, et encore moins écrire, et je me lance donc dans l'enseignement avec des lignes d’écritures et des dictées, et il m’a fallu pour ça une patience que je méconnaissais jusque la car le cerveau d’une indigène (et il n’y a la aucun jugement de valeur, ça n’a rien de péjoratif dans ces contrees) qui n’a connu dans sa vie que le champs n’est pas d’une grande vivacité face a l’apprentissage. Nous (je ?) réussiront néanmoins a venir a bout de l’organisation des 1700 livres qui peuplent maintenant des étagères qui ne servent désormais pas seulement a attraper la poussière... puissent elles aider un peu les enfants a s’instruire !

Ca c’est pour le cote travail, car ma seconde mission fut de survivre durant ces deux semaines qui m’ont parues plus longues que les 6 mois précédents. Tarabuco compte 3200 habitants, tous indigènes, donc vêtu de beaux costumes traditionnels très colores, c’est sympa. Mais c’est bien la les seuls couleurs que je verrais durant la semaine dans ce village aux ruelles affreusement vides et ternes car les murs des maisons sont en adobe (agglomérat de terre, crottin en tout genre, paille, et tout ce que l’on peut faire sécher pour que ça durcisse). On sent sur les visages des habitants qu’ils sont marques par un quotidien monotone et difficile. La communication est souvent rendue difficile car il n’est pas toujours facile de les faire articuler avec les 3 chicots qui leur restent dans la bouche, surtout quand ils ont à peu près 250 feuilles de coca coincées sous la joue.

Extinction totale du peu d’activité qui règne sur la place à partir de 20h30, heure a laquelle les « restaurants » ferment leurs portes, il est l’heure de se mettre sous la couette car ça meule grave ici ! Le mot restaurant me mène droit vers les repas qui ont été les miens durant 2 semaines complètes : le midi almuerzo avec sa traditionnelle soupe dans laquelle nagent 4 pommes de terre, et le segundo compose de 200g de riz, pattes, ou mais, de 3 patates, et de viande en sauce. Et le soir, la même chose !

Heureusement, tarabuco est egalement un marche tres traditionnel le dimanche, et donc tres touristique, ce qui amene couleurs, et un peu de vie occidentale, on arrive meme a trouver des vetement en alpaga made in China!
Bref, une vie bien calme, et surtout bien ennuyeuse, à tel point que j’ai vu un singe suicidaire pendu à un fil électrique, et il paraîtrait même que certains aient vue des oiseaux voler à l’envers pour ne pas voir la misère ! J’ai donc passe beaucoup de temps à lire et a dormir…en moyenne 12 heures par nuit, je suis donc remonte comme une horloge pour attaquer le Brésil !

Je voulais voir du local, voila qui est fait, et ça ne fait pas vraiment rêver pour être honnête, c’est même dur de voir cette réalité d’un quotidien que j’ai partage pendant quelques temps. Mais j’ai quand même bien rie par moment…notamment a mon arrive ou j’ai l’impression de faire la fine bouche face a Julia qui me présente des logements qui sont des pièces totalement vides : pas de lit, pas de chaise, a peine de la lumière, et ne pense même pas a avoir une douche chaude ! Je finirais dans le petit hôtel de Tarabuco dans une chambre miteuse et sans douche, mais avec un lit, même deux ! Le meeting « politique » regroupant une centaine de locaux dans un amphithéâtre pour débattre de l’indépendance des provinces indigènes du pays, et ou après le repas et etre retourne dans l'amphi, tout le monde sort son sac de feuille de coca et insère feuille par feuille les 250 qui formeront la chique de l’après midi dans un brouhaha rendant inintelligible tous les arguments de l’orateur. Je ne ressortirai pas completement indemne de cette experience, sentant le soir meme dans mon duvet quelques chose bouger et me piquer... une arraignee? Non, mieux, une puce! Cette derniere trouvera la mort apres un combat acharne de 2 heures qui me demandera strategie et abnegation face a la scelerate!

Je pars ce soir a la recherche d'un peu de chaleur et sur les traces du Che dans les forets tropicales boliviennes...