Me voila de retour de Tarabuco pour cette mission de volontariat volontairement écourtee d’une semaine car je n’ai pas pu remplir tous mes obje

ctifs. Je suis arrive en pleine vacances scolaire en Bolivie, et a cette période durant laquelle les enfants français se pavanent a jouer et a faire du sport, les petits boliviens des villages bossent dans les champs avec leur parents…difficile donc de capter leur attention. J’ai tente un peu de propagande le samedi dans les rues, mais n’ai été que moyennement reçu par les parents qui ne voyaient en moi qu’une « perversion » pour leurs enfants qu’ils préféraient largement voir aux champs. J’ai donc quitte ma casquette de prof de musique pour enfiler la veste d’instituteur pour analphabète de 40 ans, la bibliothécaire. Julia est tout ce qu’il y a de plus local…grosse, jupe plisse jusqu’en dessous des genoux, chaussettes en laine bleu m

arine qui trouvent racine dans de magnifiques sandales, tablier, gilet grossier, et bien sur les 2 couettes surmontées du traditionnel chapeau andin. Je tombe tout de suite sous le charme, et nous commencons a mettre en place notre stratégie d’attaque pour l’organisation de ce tas de bouquins qu’est la bibliothèque. Je commence a lui expliquer un peu le mode de fonctionnement de l’association, et sa façon d’organiser les choses. J’ai l’impression de me retrouver face a Jacques Villeret dans le dîner de con quand lorsque Thierry Lhermitte lui explique ce qu’il doit dire au téléphone…les expressions de visages sont à s’y méprendre ! Je comprends rapidement qu’elle ne sait que très peu lire, et encore moins écrire, et je me lance donc dans l'enseignement avec des lignes d’écritures et des dictées, et il m’a

fallu pour ça une patience que je méconnaissais jusque la car le cerveau d’une indigène (et il n’y a la aucun jugement de valeur, ça n’a rien de péjoratif dans ces contrees) qui n’a connu dans sa vie que le champs n’est pas d’une grande vivacité face a l’apprentissage. Nous (je ?) réussiront néanmoins a venir a bout de l’organisation des 1700 livres qui peuplent maintenant des étagères qui ne servent désormais pas seulement a attraper la poussière... puissent elles aider un peu les enfants a s’instruire !
Ca c’est pour le cote travail, car ma seconde mission fut de survivre durant ces deux semaines

qui m’ont parues plus longues que les 6 mois précédents. Tarabuco compte 3200 habitants, tous indigènes, donc vêtu de beaux costumes traditionnels très colores, c’est sympa. Mais c’est bien la les seuls couleurs que je verrais durant la semaine dans ce village aux ruelles affreusement vides et ternes car les murs des maisons sont en adobe (agglomérat de terre, crottin en tout genre, paille, et tout ce que l’on peut faire sécher pour que ça durcisse). On sent sur les visages des habitants qu’ils sont marques par un quotidien monotone et difficile. La co

mmunication est souvent rendue difficile car il n’est pas toujours facile de les faire articuler avec les 3 chicots qui leur restent dans la bouche, surtout quand ils ont à peu près 250 feuilles de coca coincées sous la joue.
Extinction totale du peu d’activité qui règne sur la place à partir de 20h30, heure a laquelle les « restaurants » ferment leurs portes, il est l’heure de se mettre sous la couette car ça meule grave ici ! Le mot restaurant me mène droit vers les repas qui ont été les miens durant 2 semaines complètes : le midi almuerzo avec sa traditionnelle soupe dans laquelle nagent 4 pommes de terre, et le segundo compose de 200g de riz, pattes, ou mais, de 3 patates, et de viande en sauce. Et le soir, la même chose !

Heureusement, tarabuco est egalement un marche tres traditionnel le dimanche, et donc tres touristique, ce qui amene couleurs, et un peu de vie occidentale, on arrive meme a trouver des vetement en alpaga made in China!
Bref, une vie bien calme, et surtout bien ennuyeuse, à tel point que j’ai vu un singe suicidaire pendu à un fil électrique, et il paraîtrait même que certains aient vue des oiseaux voler à l’envers pour ne pas voir la misère ! J’ai donc passe beaucoup de temps à lire et a dormir…en moyenne 12 heures par nuit, je suis donc remonte comme une horloge pour attaquer le Brésil !
Je voulais voir du local, voila qui est fait, et ça ne fait pas vraiment rêver pour être honnête, c’est même dur de voir cette réalité d’un quotidien que j’ai partage p

endant quelques temps. Mais j’ai quand même bien rie par moment…notamment a mon arrive ou j’ai l’impression de faire la fine bouche face a Julia qui me présente des logements qui sont des pièces totalement vides : pas de lit, pas de chaise, a peine de la lumière, et ne pense même pas a avoir une douche chaude ! Je finirais dans le petit hôtel de Tarabuco dans une chambre miteuse et sans douche, mais avec un lit, même deux ! Le meeting « politique » regroupant une centaine de locaux dans un amphithéâtre pour débattre de l’indépendance des provinces indigènes du pays, et ou après le repas et etre retourne dans l'amphi, tout le monde sort son sac de feuille de coca et insère feuille par feuille les 250 qui formeront la chique de l’après midi dans un brouhaha rendant inintelligible tous les arguments de l’orateur. Je ne ressortirai pas completement indemne de cette experience, sentant le soir meme dans mon duvet quelques chose bouger et me piquer... une arraignee? Non, mieux, une puce! Cette derniere trouvera la mort apres un combat acharne de 2 heures qui me demandera strategie et abnegation face a la scelerate!
Je pars ce soir a la recherche d'un peu de chaleur et sur les traces du Che dans les forets tropicales boliviennes...
Ah ben alors ...persuadée que tu allais nous ramener une petite bolivienne, je m'étais mise à l'espagnol...bon ben j'arrête, demain je me mets au portugais ...
RépondreSupprimersalut grand, alors tu ne veux plus de ta belle bolivienne.Dommage, elle avait l'air d'être sympa!!! Bon séjour au Brésil et reviens nous avec de belles fesses ou de beaux pecs, c'est un minimum!!
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